L’historien Olivier Bétourné sonde l’esprit de grandes figures de 1789 pour saisir au plus intime la source de leur désir de révolution
Le Monde · Côme Simien ·
« Les Révolutionnaires », ce sont douze portraits (Babeuf, Barnave, Clermont-Tonnerre, Condorcet, Danton, Olympe de Gouges, Marat, Mirabeau, Robespierre, Manon Roland, Saint-Just et Toussaint Louverture) dont l’historien et éditeur ausculte le « moi ».
« Les Révolutionnaires. Rêves, désirs et engagement à la fin de l’Ancien Régime », d’Olivier Bétourné, Seuil, 608 p., 28,50 €, numérique 20 €.
En 1948, Ernest Labrousse se demandait « comment naissent les révolutions ». Il regardait alors du côté des perspectives économiques et sociales. Olivier Bétourné, éditeur et historien reconnu de la Révolution française, se demande, lui, aujourd’hui, dans Les Révolutionnaires, comment naît le désir de révolution, et de quels songes, rêves, espoirs il pouvait être fait, à hauteur d’individu. Un déplacement en phase avec l’intérêt de l’historiographie pour les émotions, le rôle des acteurs, leurs horizons d’attente et leurs marges d’action.
Il se lance dans cette veine (qui n’est pas inexplorée) en empruntant au genre du portrait. Douze portraits, de douze grandes figures de la Révolution, choisies par l’historien, parmi d’autres possibles. Dix hommes, deux femmes (Olympe de Gouges, Manon Roland, une sous-représentation liée à l’exclusion des femmes du champ politique légitime, suggère l’auteur), toutes et tous bien connus – à l’exception peut-être du comte Stanislas de Clermont-Tonnerre. Mirabeau, Condorcet, Barnave, Marat, Robespierre, Danton, Saint-Just, Babeuf, Toussaint Louverture complètent l’enquête.
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