La Suède invoque la menace russe pour prolonger les contrôles à ses frontières
Le Monde · Anne-Françoise Hivert ·
Après l’immigration illégale et la criminalité organisée, Stockholm argue des risques de sabotage mené par la Russie pour justifier de sa décision d’enfreindre le principe de la libre circulation au sein de l’espace Schengen. La Norvège et le Danemark ont aussi rétabli les contrôles aux frontières intérieures.
Il y a onze ans, le 12 novembre 2015, la Suède rétablissait pour la première fois les contrôles à sa frontière avec le Danemark, suspendus en 1958 après la mise en œuvre de l’Union nordique des passeports. Depuis, malgré les critiques répétées de Bruxelles, le royaume scandinave n’a cessé de prolonger le dispositif tous les six mois. Alors qu’ils devaient prendre fin le 11 novembre, Stockholm a fait savoir, jeudi 5 novembre, que les contrôles seraient maintenus jusqu’au 11 mai 2027, pointant du doigt la Russie. Au même moment, la Norvège et le Danemark ont annoncé prolonger les contrôles pour la même durée, en mentionnant les risques de « sabotage ».
A Stockholm, le gouvernement suédois justifie sa décision par « l’apparition de menaces hybrides et la présence d’acteurs hostiles se déplaçant et opérant au sein de l’espace Schengen ». Contacté par Le Monde, le ministre de la justice, Gunnar Strömmer, évoque « une menace accrue de sabotage à l’encontre de la Suède et d’autres Etats membres de l’Union européenne », mentionnant les avertissements de la direction des services de renseignements (Säpo). « Il est important que nos autorités disposent des outils nécessaires pour faire face à cette menace », a-t-il précisé.
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