« Novaïa Gazeta » dans « Le Monde », trente ans de journalisme de combat face aux pouvoirs russes

Le Monde · Yann Bouchez ·

Emblème de la presse indépendante en Russie, le titre vient d’être demantelé par Vladimir Poutine après de longues années de résistance. Son nom était apparu dans les colonnes du quotidien le 2 mai 1996, qui se faisait alors l’écho d’une enquête sur la déliquescence de l’armée russe.

Après des années de résistance, une fragile flamme de liberté s’éteint en Russie. « Pour Novaïa Gazeta, bastion de la presse libre à Moscou, c’est la fin », résume Benjamin Quénelle dans Le Monde, vendredi 30 octobre. Le journaliste, qui couvre l’actualité de la Russie, rappelle que « cette rédaction moscovite, (…) inlassablement depuis sa fondation en 1993, enquêtait sur la corruption, les violences du pouvoir et les violations des droits humains ».

Et le reporter de recenser les récents coups de boutoir du pouvoir poutinien et des services du FSB, le renseignement intérieur russe, ces derniers mois : longue perquisition en avril dans les locaux du journal, les agents « emportant ordinateurs, appareils électroniques et de nombreux documents importants saisis dans le coffre-fort de Dmitri Mouratov », l’un de ses cofondateurs, et colauréat du prix Nobel de la paix en 2021 ; placement, en septembre, des collaborateurs de Novaïa Gazeta dans la liste des « agents de l’étranger » ; arrestation le 15 octobre de son rédacteur en chef, Sergueï Sokolov, puis avis d’expulsion des locaux et désactivation par les autorités du système de dons qui permettait au journal de recueillir le soutien financier des lecteurs.

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