Pourquoi l’inflation réelle est toujours moins élevée que celle ressentie par les Français
Le Monde · Béatrice Madeline ·
L’écart de perception sur la hausse des prix s’explique par le poids des achats les plus fréquents, notamment ceux concernant l’alimentation et les carburants. Sans oublier qu’un indicateur statistique est une moyenne qui ne peut refléter, par définition, chaque situation individuelle.
Sur douze mois, entre octobre 2025 et octobre 2026, les prix à la consommation en France ont augmenté de 3,4 %, selon l’indice calculé par l’Insee. Un chiffre qui ne reflète sans doute pas exactement le ressenti des consommateurs, qui peinent toujours davantage à boucler les fins de mois. En économie comme sur d’autres sujets, notamment l’insécurité, cet écart entre ce que ressentent les personnes et les indicateurs statistiques est un phénomène connu et exploré. Il trouve son origine dans la psychologie, les comportements et le fait que les situations individuelles échappent à ce que les économistes appellent la « dictature de la moyenne ».
Une enquête réalisée par la Banque de France sur le sujet, réalisée en 2025 et publiée en juillet, est assez révélatrice. Les chercheurs ont interrogé 4 000 personnes sur l’inflation depuis 2021, au démarrage de la crise inflationniste. Conclusion : « Quand les prix augmentent, les gens ont le sentiment que les prix augmentent plus vite qu’ils ne le font en réalité, résume Vincent Bignon, économiste à la Banque de France. Et quand ils baissent, ils estiment au contraire que cette baisse est plus faible qu’elle ne l’est réellement. » La déformation de la réalité perçue n’est donc pas symétrique à la hausse et la baisse, et la faute en revient à notre cerveau. « La mémoire a une aversion pour les pertes », résume M. Bignon.
Il vous reste 79.33% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Read the full story at Le Monde · All coverage of this story