« Les midterms 2026 marquent un sérieux coup de frein, pas un coup d’arrêt, au trumpisme débridé »

Le Monde · Alain Frachon ·

Après deux ans avec un Congrès à la main de Donald Trump, les Américains ont fait le choix, mardi, lors des élections de mi-mandat, d’un retour à la pratique voulue par les Pères fondateurs des Etats-Unis, souligne Alain Frachon, chroniqueur au « Monde ».

Les Pères fondateurs tiennent leur revanche. Les institutions de la démocratie américaine vont fonctionner à nouveau comme ils le souhaitaient. L’exercice du pouvoir présidentiel va être contrôlé par les assemblées parlementaires. La mécanique des poids et contrepoids, ce savant équilibre destiné à empêcher la tyrannie de l’exécutif ou celle des législateurs, se remet en marche. Les élections de mi-mandat, mardi 3 novembre, sonnent la fin du césarisme à la Donald Trump.

Car depuis deux ans, il n’y avait plus de Congrès à Washington. Au Sénat et à la Chambre des représentants, la majorité républicaine s’était couchée devant la Maison Blanche. A d’infimes exceptions près, sénateurs et représentants du parti présidentiel ont abdiqué l’essentiel de leur responsabilité, le cœur de leur mandat : contrôler, et non pas appuyer aveuglément, la Maison Blanche. S’assurer qu’elle agit en conformité avec la loi. Enrayer toute tentative de dérive autoritariste de la présidence.

Mais maraboutés, sinon terrorisés, par un Donald Trump vengeur et maître du financement de leurs campagnes électorales, les élus républicains se sont transformés en un groupe de godillots soumis et serviles. De ce gourou narcissique tenant cour quotidienne dans le bureau Ovale, ils ont tout endossé. Les coûteuses foucades et les violations répétées de la loi et des décisions de justice, le népotisme et l’enrichissement personnel et familial, le rejet des traités signés par le pays et la trahison de ses alliés, le compagnonnage avec Vladimir Poutine et le piratage des prérogatives du Congrès – notamment celle d’imposer des droits de douane… Le roi Donald n’avait de compte à rendre parce que personne dans la majorité parlementaire n’osait le lui en demander.

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