Les importations d’animaux vers Vantara, gigantesque sanctuaire indien, restent sous surveillance malgré la volonté du centre de redorer son image

Le Monde · Perrine Mouterde, Mathilde Gérard ·

Alors que l’Inde a été critiquée pour ne pas avoir suffisamment contrôlé les importations massives d’animaux à destination de cette grande réserve privée, le pays demeure sous la surveillance de la Cites, la convention internationale chargée d’encadrer le commerce d’espèces menacées, à l’issue d’une réunion à Genève.

Dans la grande salle plénière du Centre international de conférence de Genève en Suisse, la tension est palpable alors que les Etats membres de la Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction (Cites) examinent, mercredi 4 novembre, la conformité de l’Inde aux règles de ce traité qui encadre les conditions d’échange de nombreuses espèces de faune et de flore.

Il y a un an, le pays avait fait l’objet d’un rapport sévère du secrétariat de cette instance, signalant un manque de « diligence » dans le suivi et le contrôle des importations sur son territoire. Etaient pointés du doigt plusieurs transferts d’animaux suspectés d’irrégularités vers une entité, Vantara, « l’étoile de la jungle », un centre animalier situé dans le Gujarat, appartenant à la plus riche famille d’Asie, les Ambani, des proches du premier ministre indien, Narendra Modi, ayant fait fortune dans l’exploitation pétrolière.

En novembre 2025, la république indienne était chargée par les membres de la Cites de renforcer ses procédures et d’enquêter sur ces cas suspects. Un an plus tard, l’enjeu de cette nouvelle réunion était d’évaluer si le pays avait donné suffisamment de gages de progrès pour sortir du cadre de surveillance de la Cites ou s’il devait continuer à rendre des comptes. Si Vantara n’est pas directement visé par la procédure, le complexe est au centre de l’attention au vu de ses volumes d’acquisitions.

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