Coup de froid entre l’Azerbaïdjan et la Turquie sur fond d’« affaire du voile » et d’ambitions régionales contrariées
Le Monde · Nicolas Bourcier ·
Parti d’une décision de Bakou d’interdire le port du hijab dans ses écoles, la querelle entre les deux alliés révèle des rivalités profondes.
Depuis un peu plus de six semaines, une tension inattendue entre la Turquie et l’Azerbaïdjan s’est invitée dans le débat public, d’une manière d’abord feutrée et confuse, avant de prendre des proportions aussi sérieuses pour leurs relations. Les deux pays, qui ont plutôt pour habitude de se proclamer les plus proches des alliés – « deux Etats, une nation », comme le veut la formule populaire, rendue célèbre dans les années 1990 par Heydar Aliev, le père de l’actuel homme fort de Bakou –, sont entrés dans une querelle diplomatique d’une rare ampleur, née de la restriction du port du hijab dans les écoles d’Azerbaïdjan.
La polémique a débuté le 21 septembre, lorsque le gouvernement azerbaïdjanais a approuvé une circulaire plus restrictive sur les uniformes scolaires, qui interdit de fait aux élèves de porter le voile islamique dans les écoles publiques du pays. Deux jours plus tard, dans son discours à l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU), le président turc, Recep Tayyip Erdogan – dont le Parti de la justice et du développement (AKP) a mis fin à l’interdiction du foulard islamique en Turquie –, a dénoncé toute restriction vestimentaire visant les femmes musulmanes, présentée comme une atteinte à leurs libertés fondamentales, sans nommer l’Azerbaïdjan
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