Confrontés au séisme de l’IA, des mathématiciens cherchent des pistes de cohabitation

Le Monde · David Larousserie ·

Face aux avancées de l’intelligence artificielle, les « matheux » tentent de réfléchir aux transformations de leur métier. C’est dans ce cadre que plusieurs dizaines d’entre eux se sont réunis, mardi à Paris, pour des ateliers d’une journée.

L’onde de choc déclenchée par les derniers modèles d’intelligence artificielle (IA) continue de secouer la recherche en maths. Le 26 octobre, OpenAI, après une mise en ligne de plus de 700 problèmes trois semaines plus tôt, a annoncé des avancées sur trois nouveaux grands problèmes, dont des experts doivent valider les preuves. Pour l’un, Anthropic a également sa propre démonstration.

Dans ce contexte s’est tenue à Paris, le 3 novembre, une réunion, originale sur la forme, pour collectivement « dessiner les trajectoires de l’IA et de la recherche mathématique ». « Sans chercher à lisser les tensions ou les désaccords », précisait l’invitation pour témoigner du chamboulement quasi existentiel en cours. Environ 70 mathématiciennes et mathématiciens de laboratoires parisiens, et de tous âges ou sous-disciplines, étaient invités à débattre, en petits groupes, pour dresser une liste d’« appels à action ». « Ça m’amuse de moins en moins de faire des maths à cause de l’IA », constate une participante. « C’est une bonne initiative pour nous sortir des conversations de la machine à café », apprécie un de ses collègues plus optimiste.

L’initiative émane du Laboratoire fabrique de pensée critique de l’Institut national des sciences appliquées de Rennes, créé en 2024 dans le but de « repenser la place des techniques pour accompagner la soutenabilité écologique et sociale de nos sociétés ». A la manœuvre, la designeuse et ingénieure de recherche Zoé Aegerter.

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