Deux ans après le retour de Donald Trump au pouvoir, le bilan alarmant des climatologues américains
Le Monde · Zoltan Bach ·
Des chercheurs en sciences du climat accusent l’administration américaine de « chercher à briser le moral de la communauté » scientifique, avec la suppression de divisions entières dans des agences fédérales et des baisses de financement.
Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025, le président américain, Donald Trump, a multiplié les attaques contre la climatologie. Licenciement de divisions entières à l’Agence d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), à la NASA et au département de l’énergie (DOE), tentatives de fermeture des laboratoires de climatologie les plus emblématiques, comme le laboratoire de recherche en sciences atmosphériques à Boulder (Colorado) et l’observatoire du Mauna Loa à Hawaï, où les niveaux de CO2 sont mesurés depuis soixante-dix ans… Ces décisions ont durement touché les chercheurs.
« Des collègues ont déménagé dans d’autres pays, ont quitté le monde scientifique, ou ont dû faire face à de graves difficultés pour achever des travaux déjà en cours », témoigne Twila Moon, chercheuse au Centre national de données sur la neige et la glace à l’université du Colorado. Coautrice d’un rapport annuel de référence sur l’Arctique, elle aussi a été directement freinée dans ses travaux de recherche par l’administration américaine : « Le financement fédéral et le soutien de la NOAA ont été brutalement supprimés en août », raconte-t-elle. Une décision inédite depuis 2006, date de création de ce rapport sur une zone aujourd’hui convoitée par Donald Trump pour ses ressources fossiles.
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