Budget 2027 : « Si nous croyons dans l’avenir de la France, il faut inciter les épargnants français à investir dans sa dette »

Le Monde · Stéphan Bourcieu, Bruno Duchesne ·

A l’image du Japon, l’Etat français devrait lancer un emprunt auprès de ses épargnants, comme l’avait fait le ministre des finances Antoine Pinay dans les années 1950, explique, dans une tribune au « Monde », Stéphan Bourcieu, directeur général de l’école de commerce Burgundy School of Business, et Bruno Duchesne, président du conseil de surveillance.

Les signaux d’alerte sur la situation économique française se multiplient. Avec une dette de plus de 3 608 milliards d’euros, la cote d’alerte est largement dépassée. La France possède l’un des ratios d’endettement les plus élevés au monde. La récente hausse des taux d’intérêt – le taux d’emprunt de la France à 10 ans est autour de 4,85 % – est un signal d’alerte de plus. Elle se traduit en outre par une hausse de la charge de la dette qui pèse toujours plus sur les finances publiques.

Cette spirale infernale avait conduit la Grèce au bord de la faillite en 2009. C’est désormais le spectre qui hante les couloirs de Bercy. Le constat est implacable : avec un tel taux d’endettement, la France fait désormais partie des signatures à risque, comme le montre l’écart grandissant entre l’obligation assimilable du Trésor française à dix ans [le titre de référence pour l’Etat français] et le Bund, son équivalent d’outre-Rhin. Quand les créanciers exigent de Paris un rendement de 4,85 %, ils ne demandent à Berlin qu’un rendement de 3,5 %.

Si la France est en situation périlleuse avec une dette proche des 120 % de son produit intérieur brut (PIB), que dire alors du Japon ? Sa dette est en effet supérieure à… 230 % du PIB. Pourtant, sa situation est moins difficile que celle de la France. Par quel tour de passe-passe les Japonais arrivent-ils à se soustraire de la pression des marchés financiers internationaux ? Tout simplement en ne traitant pas avec eux. La dette japonaise est en effet détenue à 90 % par des investisseurs japonais (particuliers, assurances, fonds et Banque du Japon), ce qui protège le pays d’un risque de défaut immédiat envers l’extérieur.

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