Liquidation de Devernois : « La mode se polarise entre le bas de gamme d’un côté et le luxe de l’autre, malheur à ceux qui surnagent au milieu »
Le Monde · Isabelle Chaperon ·
L’entreprise de prêt-à-porter féminin installée dans la Loire, ancienne gloire des années 1990, a trois mois pour trouver un repreneur. Son cas illustre la dynamique mortifère du marché, torpillé par l’ultra-fast-fashion, analyse Isabelle Chaperon, chroniqueuse au service Economie du « Monde ».
L’habillement français n’en finit plus de s’effilocher. Mercredi 4 novembre, journée noire entre toutes, trois entreprises de mode sont restées sur le carreau, dont l’enseigne de prêt-à-porter féminin Devernois, ancienne gloire des années 1990. « En Devernois, je suis moi », proclamait alors la marque née en 1927. Fêtera-t-elle son centenaire ?
Le tribunal de commerce de Roanne (Loire) a placé l’entreprise familiale et sa filiale commerciale, Sofrade, en liquidation judiciaire. Il reste trois mois à ce pilier du made in France pour trouver un repreneur. Le groupe, porté à bout de bras par la petite-fille du fondateur, Claudius Devernois, et son mari, emploie 160 personnes entre ses ateliers de tricotage situés dans les sous-sols du siège historique du Coteau (Loire) et son réseau d’une soixantaine de boutiques.
Plus au nord, Afibel, spécialiste de la vente par correspondance de vêtements grande taille et pour les seniors, créé en 1950, a baissé définitivement le rideau. Le tribunal de commerce de Lille avait ouvert une procédure de redressement judiciaire en mars. La société employait alors 196 salariés : il en reste 92. Elle avait été reprise il y a un an par l’homme d’affaires Franck Berrebi. Enfin, la griffe française Coperni, lancée en 2013, qui s’était fait un nom dans le monde exigeant de la mode grâce à des coups d’éclat, a également annoncé l’arrêt de son activité.
Read the full story at Le Monde · All coverage of this story