Peter Boghossian : « En France, un électeur ne passe pas de gauche à droite parce que la conjoncture se dégrade ; aux États-Unis, si »
Le Figaro · Ronan Planchon, Enguerrand Bedez ·
ENTRETIEN - Pour le philosophe américain, la défaite des républicains aux élections de mi-mandat s’explique avant tout par la dégradation de la situation économique. Les électeurs, y compris les Latinos, qui avaient basculé vers Trump en 2024, jugent le pouvoir sur son bilan et non selon leur fidélité à un camp.
ENTRETIEN - Pour le philosophe américain, la défaite des républicains aux élections de mi-mandat s’explique avant tout par la dégradation de la situation économique. Les électeurs, y compris les Latinos, qui avaient basculé vers Trump en 2024, jugent le pouvoir sur son bilan et non selon leur fidélité à un camp.
LE FIGARO. - La déroute des républicains lors des élections de mi-mandat traduit-elle une adhésion au programme démocrate ou davantage un rejet du parti au pouvoir ?
PETER BOGHOSSIAN. - Comme le dit la célèbre phrase de James Carville, stratège de la campagne de Bill Clinton en 1992 : « It’s the economy, stupid ! » (« c’est l’économie, imbécile. ») Les sondages de sortie des urnes montrent que 9 électeurs sur 10 ont considéré le coût de la vie comme un facteur majeur ou crucial et que les deux tiers ont imputé aux politiques de Trump l’augmentation des prix. D’autres sujets, comme la guerre en Iran, la corruption gouvernementale et l’immigration, ont joué un rôle bien moindre. La plupart des Américains troqueraient leur allégeance à un parti politique contre la prospérité économique. Si les gens avaient le sentiment d’être en bonne santé financière, alors l’ego de Trump, les droits de douane, la guerre et les mauvais candidats seraient presque entièrement sans importance
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