Un vent mauvais souffle sur la liberté d’informer

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La perte de confiance des citoyens dans les médias ne date pas d’aujourd’hui. Mais il faut s’inquiéter quand des candidats à la présidence de la République désignent la presse d’information générale comme un ennemi de l’intérieur.

Dans les marges violentes des cortèges du mouvement social de l’automne, ou bien au cœur des dispositifs de maintien de l’ordre, un scénario inquiétant se déroule : des journalistes sont pris à partie par des ultras d’un côté, par des policiers de l’autre, nombre de médias n’œuvrant plus que sous la protection d’agents de sécurité.

Depuis le 21 septembre, l’organisation Reporters sans frontières a recensé 58 cas d’entrave à l’exercice du métier de journaliste (18 par des manifestants, 40 par des forces de l’ordre), dont 35 relèvent de violences physiques (14 et 21 cas). Ces agressions commises sur le terrain, partout en France, ne mobilisent ni l’exécutif ni les responsables politiques. Dans le contexte d’une campagne présidentielle pour 2027 polarisée entre le Rassemblement national (RN) et La France insoumise (LFI), il souffle un vent mauvais sur la liberté de la presse.

La perte de confiance des citoyens dans les médias ne date pas d’aujourd’hui, et la presse nourrit d’objectives raisons de rejet quand elle pratique l’entre-soi avec les pouvoirs ou qu’elle manque à sa déontologie. Elle peut être légitimement critiquée quand elle confond information et opinion, ou renie sa mission d’éclairer le débat général par des faits exacts, et vérifiés. Dans ces cas-là, le journalisme de plateau se révèle mortifère, comme le démontre la logorrhée extrémiste, anti-service public, et raciste, de CNews, la chaîne de Vincent Bolloré. Ou les débats internes qui opposent reporters à la direction de BFM-TV, propriété du groupe CMA CGM de Rodolphe Saadé, accusée de céder à l’extrême droite.

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