Pourquoi le « Ring » de Richard Wagner continue de fasciner les foules, 150 ans après sa création
Le Monde · Gaëlle Dupont ·
La « Tétralogie » créée en 1876, est jouée en novembre à l’Opéra de Paris. Une œuvre hors normes par sa richesse et son ampleur, qui représente un défi à monter en intégralité.
Sonnez violons, résonnez trompettes, le « Ring » de Richard Wagner (1813-1883) est joué à Paris, et c’est un événement. Un Ring, c’est quatre opéras successifs : L’Or du Rhin, La Walkyrie, Siegfried et Le Crépuscule des dieux. Soit seize heures de spectacle au total, réparties sur quatre soirées, narrant les aventures de créatures mythologiques aux prises avec la malédiction d’un anneau d’or volé aux filles du Rhin. C’est cet Anneau du Nibelung qui donne son nom à la tétralogie – Der Ring des Nibelungen en allemand, de là vient son surnom.
Cette durée XXL et une intrigue labyrinthique pourraient décourager le public. C’est tout le contraire, il accourt. Les deux festivals Ring à l’opéra Bastille de Paris, du 6 au 13 novembre, puis du 15 au 22, sont quasi complets depuis des semaines. La deuxième édition sera visible en streaming sur la plate-forme de l’opéra POP. La proportion de spectateurs étrangers, habituellement de 20 %, grimpe à 39 %. Si La Walkyrie seule est souvent jouée, le Ring mis en scène en intégralité est rare. La dernière édition à Paris remonte à 2013.
Car l’œuvre est une épopée… et la monter aussi. Pour chaque spectacle, plus de 100 musiciens sont présents dans la fosse d’orchestre. Les deux orchestres de l’Opéra sont mobilisés : l’un joue L’Or du Rhin et La Walkyrie ; l’autre Siegfried et Le Crépuscule des dieux. Il faut réunir aussi un casting exceptionnel de chanteurs, dont les capacités vocales doivent rivaliser en puissance avec les instrumentistes. Sans oublier les 90 artistes des chœurs et les dizaines de personnes mobilisées pour la machinerie, les lumières, l’habillement, la vidéo et le son…
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