Mots croisés : une nouvelle verbicruciste pour « Le Monde », ou quand le sphinx se genre au féminin
Le Monde · Erika Barnoin ·
Nouvelle plateforme, nouveaux jeux, nouvelle autrice : les jeux du « Monde » achèvent leur mue et se dévoilent en une version 2.0. Notre verbicruciste Erika Barnoin vous adresse ces premiers mots de présentation.
Printemps 2026 : à la suite de la disparition de son auteur maison historique, Philippe Dupuis, Le Monde se met en quête de son successeur. Après des centaines de commentaires, de clics et de republications sur LinkedIn, auxquels s’ajoutent même des passages à la radio, les candidatures pleuvent. Il faut dire que l’offre d’emploi a quelque chose d’incongru, voire d’anachronique : à une époque où l’IA est omniprésente, ledit journal recherche bel et bien une vraie personne, un verbicruciste en chair et en os. Et ça en sera finalement une, puisque c’est moi qui ai l’honneur de reprendre le flambeau de ce jeu de lettres historique.
S’il n’existe pas d’études ni de parcours type pour devenir verbicruciste, en témoigne mon master de philosophie, il y a cependant des choses qui aident. Un certain goût pour les mots, évidemment, et pour leurs cousins les jeux de mots, une sensibilité accrue portée à la langue française et à toutes ses bizarreries (saviez-vous qu’au pluriel les mots amour, délice et orgue deviennent féminins ?) et une curiosité jamais assouvie pour les étymologies.
Rassurez-vous, cela dit : je n’entends pas saturer mes grilles de mots introuvables ou de définitions qui ne feraient sourire que moi. Les mots croisés sont avant tout un jeu, qui n’existe que dans le partage. Je suis le sphinx, comme on le disait dans les années 1930 pour qui était auteur de mots croisés, ou plutôt la sphinge version 2026, et vous, Œdipe – toutes proportions gardées. A vous de jouer maintenant !
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